[Samedi 1er Mars] Convergence des luttes

Le Collectif Tant qu’il y aura des Bouilles lutte pour construire un monde plus humain, plus respectueux du vivant, un monde qui ne se résume pas à  l’appât du gain, à la dilapidation et la dégradation.

Notre  combat vise à empêcher la  construction d’un barrage et à préserver la  dernière zone humide d’importance sur la vallée du Tescou. Sachant que de nombreuses autres personnes sont engagées dans des combats qui ont des similitudes avec le nôtre, nous avons décidé d’organiser sur le site que nous occupons une rencontre sur le thème de la convergence des luttes et du soutien  mutuel. Nous y convions toutes les personnes et collectifs en lutte.

Au cours de cette journée d’échange, nous envisageons de réaliser une  plantation, d’arbres, d’arbustes et de graines pour symboliser notre volonté de sauvegarder ce lieu. Venez, si vous le pouvez, avec un plant propre à la zone humide : saule, aulne, noisetier, frêne, osier, etc…  (ce n’est évidemment pas une obligation)

Nous vous invitons également à venir avec des flyers présentant votre combat.

Vous trouverez sur cette page le programme de la journée.

Nous vous serions reconnaissants de faire suivre notre invitation à tout collectif susceptible de se joindre à nous. Si  vous acceptez notre invitation, veuillez, s’il vous plaît nous le faire  savoir, en indiquant aussi le nombre (approximatif) de personnes qui viendraient.

Approprions-nous nos territoires !

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[Vendredi 28 Février] les naturalistes à l’attaque des espèces protégées

Ce Vendredi 28 Février des naturalistes accompagnés d’une vingtaine de militaires sont venus sur la zone humide du Testet pour faire des prélèvements d’espèces. Une dizaine de militant.e.s étaient sur place au moment de leur arrivée, au lendemain de l’expulsion destruction de la Bouillonnante et pendant le procès à Albi.

Un agrion de mercure, dont l’habitat naturel est menacé par le barrage.

Un « naturaliste » a capturé des « Agrions de Mercure », insecte classé espèce protégée. En vrai, c’est le naturaliste qui était protégé par 25 gendarmes habillés en vert militaire !

[Jeudi 27 Février] Expulsion de la Bouillonnante, continuité de la lutte

La Bouillonnante, site occupé pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, a été expulsée ce matin du Jeudi 27 Février 2014 par les forces de l’ordre.

Malgré le gaz lacrymogène, les engins de chantiers destructeurs et le saccage des constructions collectives par le PSIG  (Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie), nous allons continuer à occuper et rebâtir.

Nous serons entendu demain Vendredi 28 Février au tribunal de grande instance d’Albi. Nous vous y attendons nombreuses et nombreux pour venir nous soutenir.

Sur le terrain, un campement est en cours de construction sur la parcelle d’en face. Venez-nous aider dès que possible. On a besoin de palettes, matériaux de construction en tous genres, nourriture, pharmacie et de bonne volonté.

Équipez-vous de bottes, vêtements de pluie, lampe frontale, …

Et en complément : point d’info à 12h30

Ce matin jeudi 27 février 2014 les forces du désordre social en uniformes ont encerclé la zone occupée par le collectif des bouilles, puis ont entrepris de détruire les habitations et les installations.

Une soixantaine de personnes ont pu venir en soutien sur la zone prêter main forte aux habitants pour empêcher les bavures et sauver le plus de matériel possible.

A l’heure actuelle, on note l’absence d’un habitant, qui est peut-être dans un fourgon ou dans un commissariat.

Le chapiteau n’a pas été détruit mais confisqué, une négociation est en cours par son propriétaire pour le récupérer.

Demain vendredi 28 février, au Tribunal de Grande Instance d’Albi, la procédure d’expulsion sera attaquée pour vice de forme. Le juge du TGI a accepté de prendre en compte la requête. Rappelons brièvement qu’aucun huissier n’est passé au camp de la Bouillonante pour constater la résidence, ce qui rendait cette expulsion illégale.

Loin d’anéantir le mouvement d’opposition au barrage, ce coup de force du Conseil Général va lui donner une nouvelle dimension.

Plus on résiste, et plus on est vivants. Plus on est vivants, et plus on les emmerde. Le simple fait de vivre là-bas est la meilleure façon de résister à la marchandisation du monde qui semble éternelle.

Pour ce soir, il y a besoin de tentes, pour loger du monde sur le lieu de repli. La résistance s’organise, se ré-organise…

Lire également :

– l’article de Reporterre : la ZAD du Testet, dans le Tarn, est expulsée, l’occupation continue

– l’article de Lutopik : Photos : expulsion de la ZAD des Bouilles

Appel à contribution

La Bouillonnante bouillonne de gens motivés mais sans revenu… Nous sommes preneurs de victuailles, notamment huiles, céréales, légumineuses,… N’hésitez pas à demander des dons ou des prix de soutien aux copains paysans ! Les dons financiers sont aussi les bienvenus pour les tracts, matériel, fonctionnement,…

Une liste de besoins de matériel est dispo.

Nous allons acheter plus d’une tonne de couvertures pour isoler les cabanes, yourtes,… ça nous coûte 150 euros et nous vous appelons à un soutien financier ! Si chacun.e met un peu dans la boite, ça nous sera d’une grande aide !

Merci d’avance à toutes et tous.

Les mesures compensatoires au barrage de Sivens

Cette synthèse à pour but d’expliquer ce que sont les travaux des naturalistes sur le Testet et les raisons de notre mobilisation pour les empêcher. Ces travaux, appelés mesures de compensation, sont parties intégrantes des opérations de réalisation du barrage.

Lorsque l’on parle de «mesures de compensation», on pense d’abord à la déportation d’espèces animales et végétales. À ce «transferts d’espèces », il faut ajouter les travaux d’«ingénierie écologique», C’est à dire la création de milieux complètement artificiels pour «compenser» ce qu’on vient de bousiller. Il s’agit de remodeler complètement l’espace : creuser des mares, planter des arbres, fabriquer des refuges pour les reptiles, redessiner le paysage.

Il faut savoir que tous ces travaux sont permis par un arrêté intitulé « autorisation de capture, enlèvement, destruction, perturbation intentionnelle d’individus, ainsi que de destruction, altération, dégradation d’aires de repos et de reproduction d’espèces animales protégées ».

Les mesures d’«ingénierie écologique» sont majoritairement concentrés autour du futur « plan d’eau normal » mais concernent aussi d’autres communes proches de Lisle-sur-Tarn.

Nous présenterons, ici, ce que les naturalistes, qui travaillent avec la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne pour verdir ses projets, entendent faire, quand et comment.

1- Les transferts d’espèces : modalités du déplacement d’espèces animales protégées.

a) Lamproies de Planer :

Cette espèce de poisson est capturée par pêche électrique, durant les 2 premières années du chantier, avant la mise en eau de la retenue, d’abord au niveau de la digue, puis tout le long du Tescou.

Les captures se font en minimum 2 passages, dans les zones les plus favorables (substrat fin). Les relâchés se font principalement en amont de la retenue, ainsi qu’en aval, dans les zones où la population est en mauvais état de conservation.

b) Amphibiens :

Ils seront capturés en 4 passages par ramassage à la main en milieu terrestre ou au filet troubleau (épuisette) en milieu aquatique. Les relâchés seront effectués principalement en aval de la retenue, ainsi que dans la zone humide proche de la Métairie Neuve.

Des passages supplémentaires pourront être réalisés en mars et avril si des adultes ou des pontes sont observés pendant les travaux.

c) Reptiles :

Ils seront capturés en 2 passages effectués à 10 jours d’intervalle afin de recueillir les individus dans leur habitat ou sous des plaques refuges. Les relâchés seront fait en aval et en amont. Des passages supplémentaires sont également prévus en cas de présence d’adultes dans la zone des travaux.

d) Agrion de Mercure :

Les larves de cette espèce de demoiselles (insectes proches des libellules) seront collectées dans le Tescou, soit en collectant les plantes leur servant d’habitat, soit au filet « Surber » en peignant la végétation. Les individus seront déposés dans les ruisseaux de la rive droite du Tescou.

2- Ingénierie écologique :

Comme les transferts d’espèces, les mesures d’ingénierie écologiques sont une obligation légale.

Elles consistent en la création de milieux artificiels destinés à « compenser » les surfaces de zones humides détruites par le projet et peuvent être réalisées avant, pendant et après le début des travaux.

Le coefficient de compensation préconisé par les services du Conseil Général est de 2 à 2,5 fois la surface détruite mais pour ce projet, il sera de 1,5 (18 ha recréés pour 12 ha engloutis).

3- Planning des interventions :

Comme pour chaque étape du projet, les aménageurs proposent un calendrier prévisionnel.

 
Voici un bref résumé du planning des prochaines interventions sur le terrain :

– Février 2014 : Déplacement des larves d’Agrions de Mercure et début des captures d’amphibiens

– Mars 2014 : Fin des transferts d’amphibiens (4 passages en tout) et des larves de demoiselles, déplacements des reptiles (2 passages à 10 jours d’intervalle).

À partir du 10, début des travaux de déboisement et débroussaillage, jusqu’au 31.

Captures supplémentaires éventuelles si des individus (reptiles ou amphibiens) sont repérés au cours des travaux.

– Septembre 2014 : début des travaux de terrassement.

– Septembre, octobre et novembre 2014 : déplacements d’espèces éventuels.

– Novembre 2014 à fin janvier 2015 : reboisement des rives du plan d’eau normal

Les dates de réalisation des autres opérations de génie écologique sur le site sont conditionnées par la date de début du chantier.

Des suivis écologiques réguliers auront lieu jusqu’à 10 ans après la fin du chantier.

Télécharger les mesures compensatoires en .pdf

Lettre ouverte à Monsieur Carcenac

Vallée du Testet, le 18 mars 2014

Monsieur Thierry CARCENAC

Président du Conseil Général du Tarn

81000 Albi

 

LETTRE OUVERTE, copie à la presse

Monsieur,

Le courrier que nous a adressé le vice-président de votre assemblée Michel Albarède le 28 février a retenu toute notre attention. Il y expose en premier lieu le souhait de nous voir modérer nos propos au sujet du rôle d’André Cabot dans cette affaire de projet de barrage de Sivens, et secundo, de nous voir nous concentrer à valoriser nos idées.

Pour la première partie, nous sommes au regret de vous annoncer que nous ne sommes pas en mesure de donner une suite favorable à son souhait. Si vous voulez bien relire le principe de l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme :
« La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels, il n’est pas de « société démocratique ». »

Nous affirmons que le Conseil Général sert des intérêts particuliers en voulant détruire la vallée du Testet par son projet de barrage. Il est facile de dresser la liste des bénéficiaires de l’ouvrage. La CACG se situe tout en haut de cette liste. Nous constatons que celui qui, à titre de membre du conseil d’administration de la CACG, veut un barrage sur le Tescou pour le développement économique de son entreprise, est aussi celui qui porte le dossier au Conseil Général et à l’Agence de l’Eau : Monsieur André Cabot. N’y a-t-il pas là un conflit d’intérêt ? Les intérêts de Monsieur Cabot, en tant que fabricant et exploitant de retenues d’eau, n’entrent-ils pas en conflit avec les intérêts de Monsieur Cabot, élu au Conseil Général, autorisant la construction de la même retenue d’eau, et en conflit avec les intérêts de Monsieur Cabot, membre de l’Agence de l’Eau Adour Garonne qui finance le même projet de retenue d’eau ?

C’est la question que nous posons naturellement, qui certes peut vous choquer, vous heurter par amitié personnelle pour André Cabot, mais qui participe à la société démocratique, que vous le vouliez ou non. Nous n’avons rien contre la personne de Monsieur Cabot, ni haine ni mépris ni volonté de lui nuire personnellement. Nous décrivons la situation telle que nous la voyons et nous nous interrogeons sur son adéquation vis-à-vis des principes de notre société démocratique, des principes qui sont d’un intérêt supérieur aux amitiés de Monsieur Albarède. Il n’est pas trop tard pour vous interroger aussi, avant que l’irrémédiable ne soit commis et que vous en portiez une lourde responsabilité pour longtemps.

En ce qui concerne le deuxième souhait de Monsieur Albarède, par contre, c’est avec plaisir que nous répondons favorablement, et développons nos idées qui bouillonnent.

Nous voulons coopérer pour préserver notre Terre et donc notre vie sur Terre. Mais pour coopérer, il faut être plusieurs. Vous ne semblez pas disposés à coopérer pour atteindre ce but essentiel de préservation du patrimoine commun. Vous semblez disposés au contraire à tenter de considérer que nous ne sommes rien. Vous tentez d’imposer ce projet par la force en prétextant que le processus démocratique s’est déroulé normalement. Mais la vérité, c’est que l’enquête publique a conclu à un avis défavorable. Puisque le commissaire enquêteur a conditionné son avis favorable au fait que le CNPN (Conseil National pour la Protection de la Nature) donne lui aussi un avis favorable. Puisque le CNPN a rendu un avis défavorable, vous auriez du abandonner ce projet. Ici, vous enfreignez les règles, vous trichez. Avec ce projet, vous trompez la confiance que les électeurs ont placé en vous. En poursuivant les étapes de la construction du barrage, vous insultez les peuples de cette planète par vos agissements antidémocratiques.

La vallée du Testet serait donc transformée en un immense champ de boue. La vallée de la mort, c’est cela que vous programmez. Il n’y a pas de facteur d’échelle, « qui vole un œuf, vole un bœuf » disait la morale d’une fable ancienne. Et bien aujourd’hui, nous disons « qui sème la mort au Testet sème la mort partout ».

Par ailleurs, dans la lettre de Monsieur Albarède, il y a cette phrase qui nous a choqué : « je ne connais pas les détails du projet ». A l’instar de cet élu, nous sommes très occupés dans nos vies et pourtant, nous connaissons les détails du projet. Mais peu importe, Monsieur Albarède sous-entend que notre opposition au projet prend sa source dans les « détails » du projet. Que ce projet ait reçu un avis défavorable à l’enquête publique est-il donc un détail aux yeux d’un élu ? Que le dimensionnement du barrage soit 3 fois plus important que nécessaire, gaspillant ainsi l’argent public pour les intérêts financier de la CACG payée au pourcentage et de quelques agriculteurs privés, dont la plupart ont déjà des réserves d’eau est-il donc un détail aux yeux d’un élu ? Que les besoins calculés du débit d’étiage ne soient plus en rapport avec la réalité des besoins est-il donc un détail aux yeux d’un élu ? Que l’on détruise la dernière zone humide de la vallée du Tescou alors qu’il est de la compétence obligatoire du conseil général de les préserver est-il donc un détail aux yeux d’un élu ? Que des solutions alternatives existent permettant de préserver notre patrimoine naturel est-il donc un détail aux yeux d’un élu ? Si tous ces éléments sont des détails, où est l’essentiel ???

Pour finir, encore une fois Monsieur Carcenac, vu la mobilisation grandissante contre ce projet, vu les retards accumulés, et vu les revers que vous prendriez en poussant jusqu’au bout votre logique destructrice, nous vous conjurons d’abandonner enfin le barrage sur le Tescou et d’organiser des états généraux de la gestion de l’eau en vue d’une coopération active de la population pour cultiver au mieux cette terre, tout en préservant les espaces sauvages.

Avec toute notre considération.

24 février : une lettre ouverte a été écrite par le Collectif Tant qu’il y aura des Bouilles à l’adresse de Monsieur Carcenac, Président du Conseil général du Tarn, ainsi qu’à tous les conseillers généraux du Tarn.

Pour que son impact soit maximum, ce message est à diffuser à tous vos réseaux qui se mobilisent pour annuler ce projet scandaleux.

Vous pouvez écrire à M. Carcenac, le président du Conseil général du Tarn et à votre conseiller général (liste) si vous êtes du Tarn.

M. Thierry CARCENAC
Président du conseil général du Tarn
hôtel du département
81013 ALBI Cedex.

M.(ou Mme) Prénom NOM
conseiller(ère) général du canton de ZZ
hôtel du département
81013 ALBI Cedex

Dans cette lettre mettez-y vos arguments, ce qui vous scandalise.

Ce que vous devez savoir et tenir compte en rédigeant votre courrier :

M. PAGES du canton de Vabre s’est prononcé contre le barrage.
MM. FOISSAC et ENTRAYGUES se sont prononcé pour un moratoire.

Tous les autres Conseillers généraux se sont prononcés pour, mais certains probablement suivent les porteurs du projet (MM. CABOT et PAULIN)

Faites attention de rester respectueux de la personne humaine car il ne sert à rien d’insulter les personnes, si ce n’est de les rendre agressives d’y trouver prétexte pour rejeter vos arguments et, dans une autre mesure de prendre le risque d’être attaqué en justice pour insulte ou diffamation.

Si c’est une lettre ouverte, merci d’envoyer une copie électronique sur l’adresse mail des bouilles (collectifbouilles@riseup.net) et si votre lettre est privée merci, tout de même de nous signaler son envoi afin que nous estimions l’impact de cette campagne.

Merci de votre soutien et votre implication !

[Lundi 24 Février] Conférence de presse

Devant l’urgence de la mencade de déboisement de 29 hectares, de destruction de 13 hectares de zone humide et d’expulsion du site du Testet (forêt de Sivens) à partir du Lundi 24 Février 2014, le collectif Tant qu’il y aura des bouilles organise une conférence de presse le Lundi 24 Février 2014 à 10h à la Bouillonnante (zone occupée sur la D132 au croisement vers la maison forestière de Sivens, Barat 81310 Lisle-sur-Tarn).

Entre autre, nous vous présenterons la lettre ouverte à Thierry Carcenac, président du Conseil Général du Tarn.