Les mesures compensatoires au barrage de Sivens

Cette synthèse à pour but d’expliquer ce que sont les travaux des naturalistes sur le Testet et les raisons de notre mobilisation pour les empêcher. Ces travaux, appelés mesures de compensation, sont parties intégrantes des opérations de réalisation du barrage.

Lorsque l’on parle de «mesures de compensation», on pense d’abord à la déportation d’espèces animales et végétales. À ce «transferts d’espèces », il faut ajouter les travaux d’«ingénierie écologique», C’est à dire la création de milieux complètement artificiels pour «compenser» ce qu’on vient de bousiller. Il s’agit de remodeler complètement l’espace : creuser des mares, planter des arbres, fabriquer des refuges pour les reptiles, redessiner le paysage.

Il faut savoir que tous ces travaux sont permis par un arrêté intitulé « autorisation de capture, enlèvement, destruction, perturbation intentionnelle d’individus, ainsi que de destruction, altération, dégradation d’aires de repos et de reproduction d’espèces animales protégées ».

Les mesures d’«ingénierie écologique» sont majoritairement concentrés autour du futur « plan d’eau normal » mais concernent aussi d’autres communes proches de Lisle-sur-Tarn.

Nous présenterons, ici, ce que les naturalistes, qui travaillent avec la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne pour verdir ses projets, entendent faire, quand et comment.

1- Les transferts d’espèces : modalités du déplacement d’espèces animales protégées.

a) Lamproies de Planer :

Cette espèce de poisson est capturée par pêche électrique, durant les 2 premières années du chantier, avant la mise en eau de la retenue, d’abord au niveau de la digue, puis tout le long du Tescou.

Les captures se font en minimum 2 passages, dans les zones les plus favorables (substrat fin). Les relâchés se font principalement en amont de la retenue, ainsi qu’en aval, dans les zones où la population est en mauvais état de conservation.

b) Amphibiens :

Ils seront capturés en 4 passages par ramassage à la main en milieu terrestre ou au filet troubleau (épuisette) en milieu aquatique. Les relâchés seront effectués principalement en aval de la retenue, ainsi que dans la zone humide proche de la Métairie Neuve.

Des passages supplémentaires pourront être réalisés en mars et avril si des adultes ou des pontes sont observés pendant les travaux.

c) Reptiles :

Ils seront capturés en 2 passages effectués à 10 jours d’intervalle afin de recueillir les individus dans leur habitat ou sous des plaques refuges. Les relâchés seront fait en aval et en amont. Des passages supplémentaires sont également prévus en cas de présence d’adultes dans la zone des travaux.

d) Agrion de Mercure :

Les larves de cette espèce de demoiselles (insectes proches des libellules) seront collectées dans le Tescou, soit en collectant les plantes leur servant d’habitat, soit au filet « Surber » en peignant la végétation. Les individus seront déposés dans les ruisseaux de la rive droite du Tescou.

2- Ingénierie écologique :

Comme les transferts d’espèces, les mesures d’ingénierie écologiques sont une obligation légale.

Elles consistent en la création de milieux artificiels destinés à « compenser » les surfaces de zones humides détruites par le projet et peuvent être réalisées avant, pendant et après le début des travaux.

Le coefficient de compensation préconisé par les services du Conseil Général est de 2 à 2,5 fois la surface détruite mais pour ce projet, il sera de 1,5 (18 ha recréés pour 12 ha engloutis).

3- Planning des interventions :

Comme pour chaque étape du projet, les aménageurs proposent un calendrier prévisionnel.

 
Voici un bref résumé du planning des prochaines interventions sur le terrain :

– Février 2014 : Déplacement des larves d’Agrions de Mercure et début des captures d’amphibiens

– Mars 2014 : Fin des transferts d’amphibiens (4 passages en tout) et des larves de demoiselles, déplacements des reptiles (2 passages à 10 jours d’intervalle).

À partir du 10, début des travaux de déboisement et débroussaillage, jusqu’au 31.

Captures supplémentaires éventuelles si des individus (reptiles ou amphibiens) sont repérés au cours des travaux.

– Septembre 2014 : début des travaux de terrassement.

– Septembre, octobre et novembre 2014 : déplacements d’espèces éventuels.

– Novembre 2014 à fin janvier 2015 : reboisement des rives du plan d’eau normal

Les dates de réalisation des autres opérations de génie écologique sur le site sont conditionnées par la date de début du chantier.

Des suivis écologiques réguliers auront lieu jusqu’à 10 ans après la fin du chantier.

Télécharger les mesures compensatoires en .pdf

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2 réflexions au sujet de « Les mesures compensatoires au barrage de Sivens »

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