[Lundi 29 septembre] Bilan de la journée

Encore une grosse journée de violences policières sur la ZAD.

En arrivant vers 7h30, les GMs ont tout d’abord déplacé les voitures qui bloquaient l’accès côté D999 en les poussant à l’aide d’un tracteur (pas mal de dégâts : vitres cassées pour sortir les gens, etc…). Les GMs nous ont alors repoussé  au delà de Gazad. Puis un détachement est remonté vers la maison de la forêt en brûlant les différents obstacles sur leur passage. Mise à sac de la Maison des Druides (effets personnels brûlés). Puis, ils se sont dirigés vers la Métairie où ils ont mis une grosse pression (lacrymos, etc…).

Plus de bouffe, effets personnels détruits…Tout le monde est regroupé à la Métairie, besoin de monde. Solidarité !

 

Saccage de la maison des Druides, Lundi 29 septembre 14 h 10 :

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Les gendarmes équipés « anti-émeutes » attaquent la maison des druides. Ils matraquent directement une des deux occupants présent sans sommation. Les deux occupants tenus à l’écart, ils cassent tout ce qui casse facilement, sorte le reste des affaires et les brûlent, percent les bidons d’eau, crève un pneu d’un véhicule présent et partent à 15. Les affaires personnel de cinq personnes ont brûlé, y compris papiers, cartes, clés… ainsi que de nombreux outils, matériel d’escalade…

Ce lieu non-expulsable entreposait beaucoup de matériel collectif de la ZAD !!

http://www.dailymotion.com/video/x26wtpx_maison-des-druides-29sept_news

 

 Complément d’infos à propos de l’explosion de bouteilles de gaz par les forces de gendarmerie :

« À midi, une énorme explosion se fait entendre. Il s’agit de deux bouteilles utilisées pour la cuisine dans les campements et qui ont été neutralisées par les forces de police, comme le veut la procédure classique. » (Reporterre : Au Testet, l’Etat piétine la loi sur l’archéologie)

[Nuit du 12 au 13 septembre] Témoignage sur une chasse à l’homme subie par des zadistes

Vers 22h30 des militants anti-barrage reçoivent un appel à l’aide, provenant d’un  campement sur la zone à défendre du TESTET. Ceux-ci seraient attaqués par des pros-barrage,  ils décident donc de partir les  soutenir. Un camion les prennent et ils partent en direction de la maison de la forêt de SIVENS. Arrivés prés de la zone,  ils tombent sur une cinquantaine de pro barrage qui se mettent à charger, obligeant le camion à faire une longue marche arrière,  qui finira dans un fossé.  Le camion est alors pris d’assaut à coup de barre de fer, de pierre et de cocktail Molotov, obligeant les camarades à sortir précipitamment du véhicule.  Ils essaient de se défendre tant  bien que mal,  mais acculés par le nombre de pros-barrage qui augmentent, ils reculent en  passant par une maison qui leur refuse l’aide demandée. Ils partent donc en direction des bois sous les tirs d’arme de chasse. Les pros-barrage organisent alors des rondes, équipés de quad, de camions avec projecteur, et de chiens de chasse.

Pendant la poursuite un camarade se retrouve isolé. Il part se cacher dans le bois opposé à celui de ses amis. Il reste plus d’une heure caché dedans,  sous la pression de la chasse à l’homme qui vient de se lancer. Il finit par se faire débusquer par des hommes avec des lampes. Ceux-ci le tabassent, vident  une bombe lacrymogène entière sur lui, et
finissent par le menotter et lui pointer un flash-ball dessus. C’est seulement là qu’il comprend qu’il s’est fait interpeler par le PSIG (peloton de sécurité et d’intervention de la gendarmerie). Il est ensuite emmené sur la route,  sous les insultes des gendarmes, en direction des fourgons de la gendarmerie. Le groupe avec l’interpellé croisent des pros-barrage armés de fusil , ratissant les champs, en communication avec les gendarmes qui  laissent ces derniers agir sans problème. Arriver au camion qui doit emmener le camarade interpellé, celui-ci reçoit, alors qu’il est menotté,  un coup de matraque derrière la tête, puis est clairement exhibé devant les pros-barrage qui lui profèrent des menaces. Il passera  17h en garde à vue, accusé de violence en réunion,  avec usage ou menace d’une arme. C’est l’agresser qui devient l’agresseur…

Pour les camarades restés ensemble, une longue nuit les attend dans le bois, sous la pression de la chasse à l’homme qu’ils subissent.  Au petit matin,  ils ressortent du bois et échappant à la traque, ils partent se mettre en sécurité.

Après avoir vue la haine de cette masse de gens déchaînée et rendu fou, au point de tirer à l’arme de chasse et traqué pendant une nuit entière avec des moyens démesurés, le tout avec la complicité des forces de l’ordre, toutes les personnes ayant subis cet évènement partagent le même sentiment d’avoir échapper à une mort probable.

CONTRE LE FASCISME, ON NE LÂCHE RIEN !!!

Témoignage appel a mobilisation

Nous sommes dans un Etat Totalitaire qui a déclaré la guerre aux opposants de ce régime…

ZAD du Testet:
Depuis 1 an une occupation a lieu dans la forêt de Sivens (10kms de Gaillac) pour s’opposer a la construction d’un barrage (officiellement pour l’agriculture intensive qui bénéficiera a 26 agriculteurs du coin) mais qui fait aussi partie d’un plan + vaste de plusieurs dizaines de barrages pour le refroidissement des centrales nucléaires (notamment Golfech prés de Toulouse)…
Cette occupation s’oppose également a la destruction d’une des dernières zone humide du Tarn et a la disparition des espèces protégées qui l’habitent.
Nous luttons pour sauvegarder la biodiversite, la vie tout simplement…

Cet hiver nous avions déjà tenté d’empêcher les captures des espèces protégées de la zone et nous avions réussi a « gagner » 5 mois sur le deboisement puisqu’ils n’avaient pas pu faire leur ecocide avant le 31mars. Mais nous savions que le 1er septembre le sale boulot pouvait recommencer…
Et ils n’ont pas attendus car ils sont venus en force des le 1er septembre pour massacrer la forêt, tuer les animaux qui l’occupent et tabasser les humains qui la défendent…

Les bucherons sont arrives avec les gardes mobiles (environ 150) le lundi matin pour commencer leur crime contre le vivant.
Durant toute la semaine nous avons été tabasses, gazés, traques dans les bois…
La parcelle du chapiteau non expulsable a été encerclee, gazée et envahie par les flics qui ont tout saccagés et volés des sacs perso.
La maison du contre-temps en procédure judiciaire a été également gazée et saccagée le 1er jour de leur attaque et tout simplement réduite en copeaux le 2eme jour, comme les arbres autour, alors que la justice ne s’était pas encore prononcé sur son sort…
Quand l’exécutif passe avant la justice  on a du soucis a se faire!! Je crois même que ça porte un nom « état totalitaire! »

Sans repos, épuisés physiquement et malmenés par leur guerre d’usure psychologique nous continuons malgré tout a défendre la vie mais nous n’y arriverons pas seuls et encore moins isolés.
Nous avons besoin de monde sur place mais également que la mobilisation prenne de l’ampleur sur le territoire, que des actions décentralisées voient le jour un peu partout dans l’Hexagone, nous devons faire bouger les politiques grâce a l’opinion publique car des recours en justice sont en cours pour dire si ce barrage est « legal » ou pas!

Appelez la prefecture du Tarn 0563456161 pour demander l’arrêt des travaux et un débat public
Appelez le Conseil Général du Tarn 0563456464 pour la même chose!
Appelez la SEBSO (entreprise de deboisement 0561947600) pour leur rappeler l’illégalité de leur action du fait des recours en justice.
Adoptez un sous traitant, appelez le le matin pour lui souhaitez « bon courage », le midi pour savoir si son boulot de merde ne lui coupe pas trop l’appétit, souhaitez lui une bonne nuit tant qu’il peut encore dormir…
Vous pouvez le faire de chez vous mais aussi dans les embouteillages, au feu rouge, aux toilettes… Vous n’êtes même pas obligés de leur parler, passez leur de la musique (hard trash electro tant qu’a faire!) Le but étant de saturer son standard, qu’il ne reçoive + d’appel de clients, qu’il perde de l’argent et si vous êtes bon il perdra l’appétit et le sommeil (ça fera un équilibre avec les occupants qui se trouvent dans le même état)
Toutes les coordonnées des criminels contre la vie se trouvent sur le site tantquilyauradesbouilles.wordpress.com rubrique « barrage ».
Ne leur laissons pas de répit ils doivent arrêter ce crime immonde qui tôt ou tard aura des répercussions sur nos vies.

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui regarde sans rien faire…

Nous pouvons agir! Nous avons ce pouvoir! Et ensemble nous allons gagner!

Témoignage d’une des enterrées de la ZAD du Testet

Témoignage d’une des enterrées de la ZAD du Testet

En tant qu’étudiante d’origine colombienne, défendre avec corps et âme la dernière zone humide d’un département de France ne faisait pas partie de mon programme pour fêter mon anniversaire cette année. Pourtant, le matin du lundi 8 septembre, j’y étais. Cela fait des années que les habitants de la zone aux alentours de la forêt de Sivens dans le Tarn (à 30 km d’Albi) s’opposent à ce projet de barrage qu’implique le déboisement et donc la mort de 19 hectares d’une forêt et d’une zone humide où cohabitent environ 100 espèces protégées.
Mais au-delà de ça, il ne s’agit pas seulement de comprendre l’importance que cet écosystème représente pour la région et pour la planète entière mais de constater qu’une fois de plus il s’agit d’une lutte inégale et injuste entre, d’un côté des gens du commun qui subissent et de l’autre, des décideurs politiques et économiques tout puissants qui en tirent le profit.
La semaine dernière les vidéos et les photos ont commencé à pleuvoir et les alarmes à retentir: sur les images on pouvait voir des soldats en tenue de robocop, des gendarmes, en train de s’attaquer frontalement à l’abri que les résistant-es qui campaient sur la ZAD du Testet avaient monté comme refuge. C’était à coup de matraque et de lacrymo qu’on avait décidé de répondre à la demande légitime d’un groupe d’habitant-es qui vont subir les conséquences de ce projet disproportionné, dévastateur et qui coûte très cher (8,5 millions d’euros!), qui ne va signifier une aubaine que pour le groupe économique qui l’exécute et le petit nombre d’exploitants dédié à la culture intensive de maïs qui en bénéficieront.
Bien qu’une audience soit prévue au tribunal à la fin du mois, le déboisement a démarré le 1er septembre en toute illégalité, et les gendarmes censés protéger les citoyen-nes, emploient toute leur force et leurs moyens pour les empêcher de s’y opposer.
Consterné-es par ces images, tout comme moi, de nombreux indigné-es ont rejoint la résistance et plus d’un millier de personnes venues de toute la région et au-delà se sont retrouvées dimanche après-midi pour pique-niquer dans la forêt, sur les bords du Tescou, la petite rivière qu’on voudrait transformer en trou béant.
Le lundi matin, les tracteurs, les voitures, les bœufs et environ 400 personnes étaient là, déployées un peu partout pour bloquer les accès. Je me suis retrouvée en première ligne avec près de 100 personnes y compris le porte parole du collectif du Testet. Cinq collègues se sont enterré-es jusqu’aux épaules sur un chemin et on les a entouré-es pour les protéger, assis par terre.
On avait réussi, les engins de destruction ne passeraient pas leur rouleaux compresseurs sur la forêt, au moins pour ce jour. Les gendarmes qui avançaient sur nous n’ont eu d’autre possibilité que de poser casques et boucliers et rester debout, bras ballants face à nous.
Les heures passaient et entre temps le porte parole du Collectif passait son temps au téléphone, un coup avec le cabinet de la ministre puis avec le vice-président de la région. « La négociation avance bien, ils n’ont pas d’autre choix que repartir » entendait-on dire sur le barrage, trop vite, a-t-on compris un peu plus tard.
Vers 13h30 les collègues enterré-es commençaient à sentir la fatigue et l’effet de la pression des cailloux sur les membres et une relève s’est organisée. J’ai fait partie du 2ème groupe de résistant-es qui nous sommes planté-es comme des arbres au milieu du chemin.
La situation se prolongeait dans un calme tendu car bien que les bûcherons avaient rebroussé chemin, les gendarmes eux, restaient sur leur position et la menace du délogement et de l’entrée des machines restait latente. La pluie tombait et la cinquantaine de manifestant-es qui nous entouraient ont dû se réfugier sur les deux côtés du chemin laissant les gendarmes à seulement quelques cinq mètres devant.
Soudain, vers 16h00, alors que les médias étaient repartis, une voix rauque a surgie à travers un mégaphone, le tracteur qui dormait sur place s’est réveillé, des boucliers et des matraques se sont agités devant mes yeux, la charge s’est déclenchée et comme dans un cauchemar, les gaz lacrymogènes, les cris déchirés, le désespoir, les coups, la peur, la pluie, les troncs et les cailloux qui me recouvraient ont cédé au piétinement incontrôlé… J’ai perdu connaissance quand une masse est venue s’écraser sur mon visage mais dans ma tête les cris des camarades résonnaient comme des prières, comme des appels à la raison.
Je crois m’être réveillée quand j’ai senti mes jambes se briser sous un tronc d’arbre par la force des bras bleus qui me tiraillaient par derrière mes épaules et qui cherchaient à m’extirper du trou. La douleur à ma jambe droite était telle et le gaz qui pénétraient dans mes narines tellement puissant que je me suis à nouveau évanouie accablée par la certitude qu’il ne s’agissait pas d’un cauchemar mais que ces pauvres types, qui nous répétaient pendant la semaine être là pour nous protéger, avaient obéi aveuglement à des ordres insensées, ils l’avaient fait, ils avaient chargé sans le moindre souci pour nos vies ni pour notre intégrité physique.
Transportée à l’hôpital par les pompiers, après être sortie du choc, je m’en suis tirée avec une entorse à la cheville alors que les autres sur place continuaient de s’affrontaient dignement contre cette armée de brutes et se faisaient gazer et tabasser sans compassion. Les machines sont alors rentrées dans le Testet et le travail de destruction ce lundi a duré deux petites heures. La blessure qu’ils ont encore creusée à cette magnifique forêt s’est accentuée et restera ouverte tant qu’ils n’arrêteront leur entreprise absurde et démesurée.
Je suis rentrée chez moi dans la Drôme mardi matin et pour compléter le tableau, comble du désespoir, les officiers de police du commissariat de Valence ont jugé que ma plainte était irrecevable. Après m’avoir fait savoir que je n’avais « rien à foutre dans ce merdier », et que les violences que j’avais subies de la part de leurs « frères d’armes » n’avaient pas été volontaires, ils n’ont accepté de me faire qu’une main courante. Ne pas pouvoir porter plainte, n’est-ce pas encore une fois la preuve que les puissants font tout ce qu’ils peuvent pour nous empêcher nous, le petit peuple, de faire valoir nos droits?
J’en suis consternée, moi qui ai quitté un énorme et merveilleux pays comme la Colombie car ses autorités sont jugées pour des crimes contre l’humanité et autres violations systématiques des droits humains, je me retrouve à être la victime d’un système français en franc désaccord avec ce qu’il prétend représenter et qui tourne de plus en plus le dos à ses citoyennes et citoyens.
Il en faudra plus que une bousculade et une cheville foulée pour que je recule face à cette injustice. Je continuerai à me battre aux côtés de mes sœurs et mes frères qui risquent fort pour le fait simple et naturel de vouloir protéger une forêt et pour décider consciemment et de manière informée d’une forme de vie digne dans un monde non bétonné, plus solidaire et moins artificiel. Ce n’est pas une question d’arbres et de rivières, c’est une forme de vie humaine, digne et réfléchie qui est en jeu au Testet.
Camille Erazo

[Dimanche 7 et Lundi 8 Septembre] Témoignage de Sophie

Témoignage de Sophie

Nous sommes arrivés dimanche avec des amis sur la zone du Testet après plus de 3 heures de route répondant ainsi à l’appel lancé sur les réseaux sociaux. A cette occasion nous avons pris connaissance du dossier (et de l’état du saccage) ainsi que du mot d’ordre lancé par José Bové (bien que ce ne soit pas forcément ma tasse de thé) : sabotage et désobéissance civile (en refusant notamment de payer nos impôts utilisés sur des projets qui nous desservent et profitent d’abord aux intérêts privés).

Imaginez un paysage bucolique, entouré de collines aux teintes verdoyantes, où serpente  au gré des prairies et des sous bois, une petite rivière. Une belle métairie abandonnée, en briques et en pisée, propriété du Conseil Général, parfait le tableau… Mais… En écoutant on apprend que le four à pain qui avait été remonté par les jeunes qui occupent et défendent ces terres et la forêt de Sivens, a été démoli par les forces de l’ordre… Puis en s’approchant d’un lieu nommé les « Bouilles », on tombe sur un paysage lunaire qui annonce le début de la destruction programmée de la forêt… Un trou béant à travers bois, les machines mécaniques ont comme avalé et digéré cette partie de la forêt… Il ne reste rien … Que de la désolation… Plus un seul brin d’herbe… Un sol argileux défoncé qui laisse apparaître ici et là des moignons de feu nos amis les arbres…Et ce n’est qu’un début…

Puisqu’il faut tout raser, détruire pour permettre la construction d’un barrage qui mettra 4 ans à se remplir (et quelques mois à se vider) grâce à la toute petite rivière qui circule… Barrage qui servira à irriguer des champs immenses de maïs… Au nom (dissimulé) de l’agriculture intensive, spéculative et polluante…

Au nom d’un président de Conseil Général, socialiste et cumulard sur la durée (encore un spécialiste du genre), on privilégie l’intérêt d’une vingtaine de gros exploitants au détriment du bien commun (la terre, la forêt, l’eau).

Et pourtant des recours en justice sont en cours… Mais plutôt que d’attendre le résultat de la justice, le président du conseil général du Tarn préfère passer en force. La stratégie du « fait accompli », très courant actuellement chez les « politiciens » (qui n’ont plus rien de politiques) locaux, révélant au passage le peu de cas qu’ils font de notre justice et de notre état de droit… Ce sont les pires offenseurs de notre Démocratie et de notre République…

Le plus grave dans cette histoire c’est cet hélicoptère qui n’a cessé de survoler dimanche les citoyennes et citoyens réunis dans la belle prairie pour trouver les moyens d’arrêter ce désastre environnemental, comme s’ils n’étaient que de dangereux malfaiteurs…

Plus grave encore ce sont ces gardes mobiles qui ont été déployés lundi sur le site pour permettre aux machines de pénétrer et continuer la sale besogne de destruction massive et de servir les intérêts d’une minorité destructrice muée par l’appât du gain sans se soucier des lendemains qu’elle pousse à déchanter…

Plus grave encore c’est ce service des forces de l’ordre payés par notre caisse commune et solidaire (du moins de ce qu’il en reste), nos impôts, pour nous taper dessus femmes et hommes, jeunes, vieux et moins vieux…Alors que nous défendons le bien commun…

Plus grave encore et quelle honte (!) ce sont ces mots d’ordre du préfet (reçus de qui?) ordonnant aux forces de l’ordre de forcer et piétiner les barrages… barrages de voitures et de tracteurs, barrages de corps humains enterrés… Et partout la violence policière cède au dialogue citoyen…

Jusqu’en début d’après midi nous avons cru à une avancée, à un répit gagné pour la forêt… Mais la bêtise n’a pas de limite et c’est dans l’après midi que la charge a eu lieu et que les machines ont continué…

Quel gâchis mesdames et messieurs les socialistes … Après Notre Dame des Landes, vous continuez à tabasser votre jeunesse pour défendre les intérêts de quelques uns…

Ces jeunes sincères dans leur combat, qui n’ont que leur corps et leur courage pour défier vos instincts destructeurs… Ces jeunes qui ont compris que notre seul voie de survie c’est de préserver la terre qui nous nourrit… Il semble que vous ne voulez pas de ces jeunes, amoureux de la forêt et des cours d’eau, qui refusent d’être de simples consommateurs et spectateurs d’une vie de plus en plus virtuelle…

Vous préférez sans doute ceux qui partent à la City, ou encore ces ingénieurs sans génie qui travaillent quotidiennement à perfectionner et mettre au point, des armes qui permettront de tuer l’autre, ou encore de mieux nous contraindre, des machines aussi, celles qui permettent de dévorer, avaler les forêts…

Vous pariez peut-être sur un jour où ils nous construirons des machines qui remplaceront les arbres et nous permettront de respirer, des machines ou autres formules scientifiques qui nous fourniront de l’eau sans l’aide des nuages et des rivières…

Vous faites le pari fou de la mort contre celui de la vie… Il est temps pour vous de laisser votre place… Et à nous de redonner sens à la vie en société en lien les uns avec les autres et avec la nature…

Face à l’appel des habitants du coin et des jeunes, nous sommes restés lundi pour aider à faire barrage…Mais il nous fallait rentrer le soir…

Ils ont besoin de monde et de relais… Faisons marcher à plein les canaux de la solidarité…

[Semaine du 1er au 7 Septembre] Texte écrit sur la ZAD, la 1ere semaine de deboisement par un occupant

Texte écrit sur la ZAD, la 1ere semaine de deboisement par un occupant:

J’ai vu un chat blanc qui attaquait un serpent dans la forêt des mille verts, présage que je ne peux qu’interpreter qu’avec les yeux du reve…
J’ai vu le très vieux chêne et nous avons parlé du massacre des arbres…
Tout cela n’est pas si grave me dit-il nous étions la avant vous, nous le serons après. Les mille et une graines remplaceront nos frères sacrifiés.

J’ai vu un grand guerrier a la mine farouche ployant sous la douleur de sa jambe meurtrie qui ne se plaignait pas et j’ai porte son sac.
J’ai vu des femmes enfants mutilés par les tirs des hommes cosmonautes sans pitié le coeur couvert de haine.

J’ai vu des prêtres fous invoquant a leur aide les entités du ciel, de la Terre et du feu.
Des jeunes gens en nage, sous le soleil de plomb, qui creusaient des tranchées pour bloquer les machines.
Des femmes magnifiques leur donner a manger…
Des vieillards courageux prodiguer leurs conseils.

J’ai vécu dans ce reve et j’ai reve la pluie pour que, dans leur bourbier, s’enterrent leurs machines…
Le dragon invoque apparut dans la lune et l’orage gronda et les éclairs brillerent loin des discours…

Des humains se battent avec l’ardeur farouche de leurs aïeuls gaulois, les légions periront de leur propre colère!
Courage, honneur et gloire a tous ces combattants!!!

Que le ciel foudroit nos ennemis afin que nos enfants puissent courir un jour sous l’ombre des grands chênes…

Que vive la forêt de Sivens! Et meurent les machines…